[CP] Emmanuel Macron aux Bernardins


Communiqué de presse

Parler des religions, en France, revient à briser un des tabous les plus tenaces de notre République. Suite au discours du président Macron devant la Conférence des Évêques de France lundi dernier, de nombreux gardiens du temple laïque se sont indignés. Ces personnalités françaises, principalement gauchères, aimeraient faire fi des réalités pour vivre dans un monde post-religieux parfaitement sécularisé. Mais ce monde n’existe pas. Ici, Emmanuel Macron n’a pas eu peur de bouger les lignes : d’une part, en s’adressant directement aux catholiques, et d’autre part, en utilisant volontairement un vocabulaire fort, voire provocateur. (À noter, ses propos tout aussi enthousiastes face aux protestants en septembre ou face au Crif en mars n’avaient pas provoqué des réactions aussi vives ; Serait-ce le signe du rôle crucial que joue toujours l’Église aux yeux des Français ?)

Il est vrai que la phrase introductive du discours avait de quoi choquer les partisans d’une laïcité-étendard : « Le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, il nous incombe de le réparer. » Toutefois, pour ceux qui connaissent l’histoire de notre pays, défendent ses lois et comprennent sa langue, cette assertion n’a rien de déconcertant. Oui, les relations Église-État ont maintes fois été douloureuses ; et oui, un renouveau du dialogue entre les deux serait bénéfique pour tous. La seule ambiguïté réside dans le mot « lien » que les laïcards ont lu comme étant l’antonyme du mot « séparation » au sens de 1905. Tel n’est pas le cas. En tout point, le discours du président est conforme à l’utile cadre juridique qu’est la laïcité. Les corps sont bien séparés, et ils ne font qu’entretenir leurs relations, à la recherche du bien commun.

Ceci étant dit, en tant que membres du Parti Chrétien Démocrate nous recevons volontiers cette invitation présidentielle : « J’appelle les catholiques à s’engager politiquement. Votre foi est une part d’engagement dont notre politique a besoin. » Toutefois, ne nous laissons pas duper. Le discours dans sa globalité vise à amadouer les chrétiens et les invite explicitement à une certaine passivité. D’après les mots du président, « la voix de l’Église » doit se cantonner à n’être « que questionnante ». Or, que l’on soit croyant ou non, il est des sujets essentiels où nous ne pouvons rester simples spectateurs car ils touchent à la dignité de la personne humaine. Sur ces chapitres, mentionnés par Macron (« la bioéthique et le sujet des migrants »), nous veillerons et nous nous soulèverons si un péril se présente. Si le président n’agit pas de manière sensée, s’il ouvre cette boîte de Pandore qu’est la « PMA sans père » par exemple, nous serons dans l’obligation de nous mobiliser et notre mobilisation sera complète.